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«Nous trouvons des pistes pour nos jeunes, nous en cherchons pour nos arbitres »

Marc Nogaret, président du Comité Départemental de pétanque de l’Aveyron

«Nous trouvons des pistes pour nos jeunes, nous en cherchons pour nos arbitres »

NOGARET-228x300.pngDeux ans après son arrivée à la tête d’un CD 12 qui s’apprête à célébrer son 60e anniversaire, et à moins de trois semaines d’un congrès annuel qui se tiendra à Bozouls, Marc Nogaret nous a reçus au siège des Costes-Rouges. Bilan 2014, projets 2015, problèmes liés à l’arbitrage, avenir du boulodrome Saint-Eloi à Rodez, intérêts à créer un pôle Elite ou Compétition en Aveyron…, autant de thématiques qui ont rythmé les échanges. Morceaux choisis.

Quel est votre meilleur souvenir en tant que président ?

Marc Nogaret, président du CD 12.

Marc Nogaret : La journée du dimanche 9 mars à Creissels où se jouait la journée Finale des clubs de jeunes. Voir des éducateurs motivés et des enfants enchantés, ça fait vraiment du bien.

Et le pire ? 
Aucun.

Et le plus surprenant ?
Ma rencontre avec les présidents de clubs au cours de ma première année de mandat. Cette démarche fut l’occasion de constater qu’il existait souvent un gros décalage entre les fonctionnements des clubs aveyronnais et celui du comité départemental. Les ambitions des premiers ne sont pas toujours en conformité avec les objectifs du second.

Un président de comité n’espère-t-il pas, dans son quotidien, avoir plus de liberté et d’autonomie que celles qui sont les vôtres aujourd’hui ?
On espère toujours plus de liberté mais je ne suis pas surpris. Je savais où j’allais. Il y a six ans, j’avais refusé de prendre la tête du comité. Je m’étais alors engagé aux côtés au président Jacques Edouard à un poste de vice-président. Pendant quatre ans, j’ai participé à toutes les commissions et j’ai appris à connaître le navire. 

Quelles sont aujourd’hui les véritables marges de manoeuvre d’un président de comité départemental ? N’est-il pas sous l’emprise totale des sphères fédérale et régionale ?
Quelques marges de manoeuvre existent mais c’est vrai qu’elles sont très faibles. La pétanque est un système sociétal comme un autre. Le pouvoir vient toujours d’en haut. Tout à la base, le comité doit s’inscrire dans un cadre règlementaire qui, c’est vrai, lui est imposé. Sa seule liberté réside parfois dans le comment il va appliquer ces règlements qui ne cessent de se modifier et de se multiplier. Pour illustrer  cette prise d’initiatives, je prendrai 3 exemples purement aveyronnais. Nous avons mis en place un système d’aides financières pour les clubs participant à un championnat. Nous avons créé un deuxième division en championnat vétérans. Nous avons lancé la Coupe du Comité réservée aux perdants du premier tour de la Coupe des clubs.Noel 2013

Qu’avez-vous envie de dire à tous ceux qui critiquent les actions menées ou la façon dont elles sont menées ?  
Je leur dirai qu’il ne suffit pas de venir au congrès pour clamer son désaccord ou, tout simplement, pour poser des questions. Comme dans toute entreprise, le congrès reste une vitrine de tout ce  qui peut se passer, se faire et se décider durant les 12 mois de l’année. Pour comprendre ce qui se fait, pour donner des idées et faire des propositions, ou encore pour dire et motiver son désaccord, il est beaucoup plus productif de venir assister aux commissions qui se tiennent régulièrement. Le comité de l’Aveyron a mis en place 9 commissions. Seules deux d’entre elles, la commission de discipline et la commission d’éthique et de statuts, ne sont pas ouvertes aux dirigeants et autres joueurs.

Qui dit congrès dit bilan. Quel sera pour vous celui de 2014 ?
2014 restera comme l’année qui, 27 ans après, a permis à la courbe du nombre de licences de repartir à la hausse. Avec 115 signatures supplémentaires, dont la moitié pour le seul district de Saint-Affrique, l’Aveyron compte aujourd’hui 4 373 licenciés ce qui place le département au 3e rang de la ligue Midi-Pyrénées derrière la Haute-Garonne et le Tarn. La principale conséquence de cette inversion de tendance est le retour, une quinzaine d’années après l’avoir perdu, d’une 3e triplette senior qualifiée pour le championnat de France.
Sur un plan comptable, et sur un budget global de 170 000 euros, l’exercice 2014 fait apparaitre un déficit de 4 000 euros. Ce solde négatif s’explique essentiellement par les frais engendrés par l’organisation de la Ligue à Saint-Affrique et par la célébration du 60e anniversaire du comité. L’an passé, nous avions dégagé un excédent de 2 000 euros. Quoiqu’il arrive, la bonne nouvelle c’est que le prix des licences restera inchangé en 2015 : 25 euros pour les seniors, 6 euros pour les jeunes.

Et sur un plan sportif ?
Il y a des hauts et des bas. Les hauts, ce sont les féminines qui ont un bon niveau comme en témoigne la présence d’un club, Creissels, qui a disputé le championnat niveau National ou encore le titre de championne de Ligue décroché en tête-à-tête par la Villefranchoise Nelly Marcilhac. L’autre satisfaction concerne les jeunes pour lesquels nous avons des pistes et des idées. La création, l’an passé,  d’une école de pétanque à Saint-Affrique a été un succès. Elle accueille aujourd’hui une quarantaine d’enfants et a pesé de tout son poids dans la hausse du nombre de licences dont on parlait tout à l’heure. Cette école, comme 7 autres d’ailleurs dans le département, a reçu la labellisation de la Fédération. La relance d’une équipe technique départementale (ETD) est l’autre preuve que tout a été mis en place pour aider nos jeunes à progresser et à franchir un pallier. Il faut être patient et attendre le retour sur investissement qui se fera dans les prochaines années. Chez les seniors par contre le tableau est moins reluisant. Hormis la belle performance des doubles tenants du titre de champions de l’Aveyron en doublets qui ont atteint les 8e du France, les Aveyronnais restent transparents hors de leurs frontières. Le département manque de tireurs de haut niveau et, surtout, ne sort pas assez dans les nationaux pour se confronter aux meilleurs.

D’accord mais tout ceci a été dit et redit depuis des années sans aucune véritable avancée. Le comité ne doit-il pas rechercher de véritables solutions plus concrètes ?
Le comité ne peut pas et ne doit pas tout faire. Comme toute association, comme toute entreprise, le comité a des priorités dans ses objectifs. Pour nous, le principal c’est la politique menée envers les jeunes ainsi que la bonne organisation et la bonne tenue des championnats départementaux. Agir sur les mentalités et les comportements des joueurs est beaucoup plus difficile et plus aléatoire. Avant, les concours nationaux étaient concentrés sur les 2 mois d’été. Aujourd’hui, il y a en a 10 ou 20 fois plus et ils s’étalent sur les 12 mois de l’année. Millau, Espalion, Carmaux, Ytrac, Fenouillet…, l’Aveyron et la Région sont particulièrement bien lotis. Aux pétanques aveyronnais, notamment les plus ambitieux,  de se prendre en charge. Qu’ils n’hésitent pas à aller se confronter, les progrès et les performances passent par là.

Prendre le contrepied du Lot et de sa politique de recrutement de mercenaires en créant un pôle Elite ou Compétition qui permettrait de sélectionner une quinzaine de joueurs du cru capables de former 3 triplettes performantes et compétitives, en un mot faire du « Made in Aveyron » pour contrer le « Made in Lot », cela serait-il possible, cela est-il envisageable ?
Possible, je crois, envisageable, je ne pense pas. Je m’explique. La « Fédé » utilise bien la méthode des sélections pour former les équipes de France pour les Championnats du Monde. Donc je ne vois pas pourquoi et comment elle empêcherait un comité de faire de même à l’échelon d’un département pour sélectionner et former ses meilleurs représentants. Ce serait certes compliqué avec l’obligation de créer une nouvelle commission, avec l’obligation de faire signer les joueurs d’une même équipe dans un seul et même club, mais cela me semble possible. Mais, franchement, ce n’est pas à l’ordre du jour.

Pourquoi ?
La première raison est d’ordre financier. Un tel système suppose le défraiement des joueurs concernés et surtout l’embauche d’un coach susceptible de savoir gérer un tel groupe. C’est-à-dire avec des compétences à la fois techniques, sportives et mentales. Un tel profil représente une valeur et coûte forcément de l’argent. Un tel recrutement entraînerait une forte augmentation du budget et donc une hausse sensible des prix des  licences. Une telle conséquence irait contre la politique  menée en Aveyron qui a toujours privilégié une pratique de masse à une pratique réservée à l’élite. Par ailleurs, je pense qu’une telle démarche serait mal perçue par l’ensemble des pétanqueurs aveyronnais qui nous reprocheraient de privilégier les meilleurs d’entre-eux. Et qui nous le feraient payer en boudant les inscriptions aux divers championnats, peut-être même en ne prenant plus de licence. Nous n’avons pas le droit de prendre un tel risque et je sais que le comité ne serait pas favorable à étudier une telle solution.

Autre sujet d’actualité, celui de l’arbitrage. Toujours moins nombreux, toujours plus âgés et surtout de plus en plus souvent contestés, les maillots « noir et blanc » font de plus en plus parler. Que fait le comité ?
Il fait ses comptes. 90 arbitres en1985, 60 en 2000, 35 en 2014… A ce rythme-là, dans 10 ans, l’Aveyron ne peut plus assurer l’organisation d’épreuves style championnats de Ligue. Le sujet est inquiétant et, cela tombe bien, l’année 2015 sera celle de l’arbitrage.

A quoi fait-il s’attendre ?
Le problème avec l’arbitrage, c’est que le mal est facile à diagnostiquer. Ce sont les remèdes que l’on n’arrive pas à trouver.

Expliquez-nous.
Le problème est double. Concernant les arbitres, il manque à la fois le nombre et l’homogénéité. Certains arbitres sont trop laxistes, d’autres sont trop autoritaires. J’aimerais disposer d’éléments qui ne soient pas des arbitres par défaut mais des arbitres par nature, par vocation. En un mot, j’aimerais avoir des arbitres carriéristes qui veulent accéder au moins au niveau Ligue. Il n’y en a plus que 3 en Aveyron dont un qui a pris du recul.

Qu’allez-vous faire ?
J’ai lancé un appel aux départements qui s’en sortent mieux que nous notamment en matière d’effectifs. Comment font-ils pour rendre la fonction plus attractive et pour attirer de nouveaux éléments forcément plus jeunes ? Comment font-ils pour homogénéiser leurs troupes, condition garante d’une plus grande crédibilité ? En attendant les réponses, nous allons encore et toujours jouer la carte de la communication. Je vais me rapprocher des dirigeants pour leur rappeler que ce sont eux qui, parce qu’ils sont sur le terrain, doivent être nos premiers relais d’information. Plus ils en parleront autour d’eux et plus le grand public aura conscience du sérieux et de l’urgence de la situation.

« Les arbitres sont trop peu nombreux et manquent d’homogénéité. »

Qui dit arbitres dit aussi incidents de jeu ou d’entre-jeu. La pétanque aveyronnaise vient de connaître, ces dernières semaines à Rodez Saint-Eloi lors de concours départementaux comme à Réquista à l’occasion de la finale de la Coupe du Comité, des faits plus ou moins graves. Où en est-on aujourd’hui et que va-t-il se passer ?
Il convient de rappeler certaines choses. Le comité départemental ne peut intervenir que si il reçoit, dans les jours qui suivent des incidents de jeu, un rapport de l’arbitre présent sur le concours en question. Sans rapport, pas de commission. Sans commission, pas de sanctions. Pour tout vous dire, il n’y a sur aucune tenue de la commission de discipline en 2014. Seule la commission d’Ethique et de Statut, créée pour régler des problèmes mineurs et surtout pour rappeler aux acteurs leurs droits et leurs devoirs, s’est réunie 2 ou 3 fois. Pour répondre à votre question, je n’ai pour l’heure reçu aucun rapport concernant les incidents qui se sont déroulés lors des concours organisés par « Le But du Monastère » et par le « Quatre-saisons Pétan Club » à Saint-Eloi. Je ne peux faire qu’attendre. Concernant la disqualification de l’équipe Vailhoules/Villeneuve/Martiel à Réquista, il va en être question ce soir (lundi 10 novembre, NDLR) en réunion de bureau. Même si la société a commis une erreur en ne respectant pas le règlement en vigueur en coupe, elle ne sera pas sanctionnée davatage. Sa disqualification sportive suffit car les responsabilités sont partagées.initateurs2013

Un mot sur le dossier « Avenir du boulodrome couvert de Saint-Eloi à Rodez ». Vous avez participé à le réunion avec la municipalité. Quel est votre sentiment par rapport aux promesses faites à cette occasion ?
J’ai pleinement confiance en les promesses de construction d’un nouveau boulodrome faites par la mairie. La municipalité est propriétaire du bien, elle a besoin du site de Saint-Eloi pour le développement de son pôle universitaire mais elle a aussi parfaitement conscience qu’il s’agit-là d’un véritable lieu de vie sociale qui draine quelque 30 000 personnes chaque année. Je crois que les politiques locaux ont mesuré les retombées à la fois économiques et sportives d’un tel outil. Et ils n’ont aucun intérêt à le rayer de la carte. Je crois même qu’ils vont tout faire pour trouver une solution qui soit le plus proche possible du centre-ville de Rodez. Notre interlocuteur, l’adjoint aux Sports Stéphane Mazars, sait combien une telle infrastructure et les compétitions qu’elle accueille peuvent amener au commerce local en général, au secteur de l’hôtellerie restauration en particulier.

Pour conclure, un mot sur Marc Nogaret le pétanqueur. Avec qui allez-vous jouer en 2015 ?
Avec ma fille Sarah en doublets mixtes. Pour le reste je ne sais pas et je vous avoue que cela ne me soucie guère. J’espère simplement disputer le championnat vétérans et le championnat des clubs parce que ce sont des compétitions emplies de cette convivialité que je recherche aujourd’hui avant tout.

Propos recueillis
par Cyrille COSTES

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